Les
fondamentaux : le service public
Le service public en France, au delà de la fourniture de services de
haut niveau, se caractérise encore aujourdhui par une exigence de solidarité
nationale.
Il est en effet lun des éléments essentiels de
laménagement du territoire en raison de son organisation en réseau au maillage
serré.
Il assure à tous, par le système de la péréquation tarifaire et
géographique, la satisfaction des besoins essentiels : fourniture dénergie,
moyens de communication et de transport.
Il permet enfin, la mise en place de mécanismes publics de soutien aux
plus démunis différents de lassistanat.
Ainsi, le service public est-il le garant de la cohésion sociale.
Le ver dans le fruit : le service
universel
Le service universel, notion européenne introduite dans notre pays
lors de la libéralisation du secteur du téléphone et appliquée demain aux services
postaux, censée établir un socle commun aux Etats de lUnion en matière de
services dintérêt général, cest à dire le droit pour tous daccéder
à ces services à un prix abordable, correspond en réalité, nous en faisons le constat
tous les jours, à un niveau de prestation minimum garanti, dans un environnement
fortement concurrentiel.
La mise en uvre de ce concept, conforté par lidéologie
libérale des institutions communautaires sur la primauté des marchés, a été le coup
denvoi de lune des plus formidables mutations que notre pays ait connu :
celle des services publics, celui du téléphone en étant le wagon de tête et le
(contre)-modèle.
La pente fatale
Des entreprises que les citoyens considéraient comme étant la
propriété de lEtat, (et qui le sont encore mais pour combien de temps ?) donc
de la communauté nationale et au service de cette communauté, se sont mises, pour être
plus libres dagir, à créer des filiales de droit privé ; elles ouvrent leur
capital, sont cotées en bourse, prennent des participations dans le monde entier et
jouent le jeu à risque du marché sous lil bienveillant des pouvoirs publics.
Malaise
Ces nouvelles règles, dont le consommateur est quelquefois le
bénéficiaire mais dont il est le plus souvent la dupe, le déroutent. Il
sinterroge de plus en plus sur la place et le devenir du service public ainsi que
sur sa propre place dans ce contexte nouveau.
Le citoyen quant à lui prend conscience que notre société, en
abandonnant ses services publics au marché, est en train de passer dun système
fondé sur des principes dégalité et de solidarité à un système fondé sur la
logique du " chacun pour soi ".
Une idée moderne : la solidarité
Nous, association de consommateurs, sommes exaspérés par les dérives
dune concurrence encore sauvage, par les bavures dune logique de prise de part
de marché que nous voyons à luvre tous les jours. Inquiets des graves
dysfonctionnements de la libéralisation chez nos voisins Européens, des dérives
financières sans contrôle, nous disons quaccepter cela, ne pas réagir, cest
prendre le risque de sengager dans un processus socialement destructeur.
Déjà, nombreux sont ceux qui, vivant encore aujourdhui à la
limite du seuil de pauvreté ne voient leurs besoins essentiels satisfaits que grâce au
service public.
Nous ne voulons pas que, dans leur course, légitime, au
" client " solvable, dont les besoins diversifiés sont générateurs
de profits, les entreprises publiques oublient ce qui a fait et fait encore leur
légitimité : offrir à tous un service de qualité, proche des citoyens,
respectueux de leurs diversités et créateur de solidarités.
Le service public nest pas quune belle idée réservée aux
humanistes : cest aussi un outil politique permettant de corriger les
inégalités.
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