La certification de services a été voulue par le
législateur ( loi
du 3 juin 1994 et décret du 30 mars
1995 ) afin de favoriser la qualité des services mis sur le marché à
destination des consommateurs, en garantissant une information claire, non trompeuse et
loyale et des caractéristiques spécifiques précises.
Ce dispositif devait également pour atteindre sa pleine efficacité
répondre à deux conditions :
- que les entreprises artisanales, industrielles et prestataires de services, quels que
soient leur taille et leur statut juridique, sengagent dans des démarches de
maîtrise et de valorisation de la qualité des services, par des signes officiels
destinés aux consommateurs finaux;
- que les consommateurs parviennent à repérer, analyser et situer les différents signes
de qualité les uns par rapport aux autres dans leur domaine respectif, satisfaisant à la
recherche de qualités adaptées aux besoins des consommateurs.
Or, le constat qui a été fait très tôt après lentrée en
vigueur de ces textes et qui est encore pertinent aujourdhui cf. létude sur " lEvolution de la
certification de services et ses répercussions sur le consommateur " (juin
2001, à jour au 31/12/01) - est que le consommateur a très peu, pour ne pas dire
aucune, connaissance du contenu dun signe ou dune marque, de même quil
ignore quelle démarche sous-tend ce signe ou cette marque.
Afin danalyser les conditions dans lesquelles le consommateur
peut valablement exercer un choix éclairé à partir dun " signe de
qualité ", le Conseil national de la Consommation (CNC) dans un rapport et un avis rendu le 19 mars 1996
a proposé une typologie permettant didentifier un signe " officiel de
qualité ", produit ou service, en fonction de la démarche qui a conduit à son
élaboration.
Selon cet avis cette identification se fait à partir de 8 critères
cumulés :
- lexistence dun cadre réglementaire
- la démarche dinitiative professionnelle volontaire
- un document technique de référence
- un contrôle par tierce partie publique et/ou privée
- la participation des organisations de consommateurs dans lélaboration et/ou la
validation du document de référence
- limplication des pouvoirs publics qui en outre peuvent détenir ou concéder
lusage dune marque
- lapposition dune marque, dun signe sur le produit ou le service par un
professionnel sur attribution dun droit dusage
- le caractère collectif de la marque
Cette nécessité dengager une démarche collective et
consensuelle a été réaffirmée par le SQUALPI (Sous-direction de la Qualité pour
lIndustrie et de la Normalisation), en 2002 dans un
texte sur la certification.
Les associations de consommateurs et notamment Léo Lagrange
Consommation, qui sont légitimes pour participer systématiquement à la procédure de
validation des référentiels et souvent à lélaboration des recueils
dengagements de service des entreprises candidates à la certification, ont de ce
fait une responsabilité importante. En effet, par leur présence ou leur absence dans les
travaux de certification, par leurs prises de position publiques sur le sujet, elles
peuvent permettre ou ne pas permettre (ou du moins tenter de le faire) que
sinstallent ou perdurent des pratiques sous tendant des signes ou des marques de
qualité, qui séloignent des objectifs fixés par le législateur, cest à
dire linformation éclairée du consommateur.
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