Au cours de l’été dernier,
Inditex a transmis aux sociétés qui s’étaient fournies auprès des usines
Spectrum- Shahriyar une proposition de participation à un fonds d’indemnisation des victimes évalué à 533 000 euros. Outre les versements initiaux en cours, ce fonds doit permettre le paiement de pensions mensuelles aux travailleurs invalides et aux familles des travailleurs défunts. La gestion du fonds au niveau local est confiée à la représentation d’
Oxfam Grande Bretagne au Bangladesh, à l’ONG bangladaise
Incidin ainsi qu’à des représentants syndicaux.
Pour
L’éthique sur l’étiquette (plateforme française regroupant associations de solidarité internationale, syndicats et mouvements de consommateurs), qui pendant ces deux années a soutenu les demandes des travailleurs et des familles vis-à-vis des clients de
Spectrum, l’annonce des premiers versements du fonds d’indemnisation est une bonne nouvelle. L’effondrement de l’usine a en effet plongé les familles des victimes dans une situation d’extrême pauvreté, privant bien souvent les ménages de leur seule source de revenus.«Je ne sais pas où trouver l’argent pour acheter du lait pour mon fils de 6 ans, payer ses frais de scolarité ou le traitement médical dont ma mère a besoin», a confié Nur E Alam, 30 ans, qui a perdu son bras gauche après avoir attendu les secours pendant 17 heures sous les décombres de l’usine. «Pour survivre, ajoute-t-il, nous avons été contraints d’emprunter».
«L’attente aura été longue pour les familles, mais leur persévérance a finalement payé», a déclaré Amirul Haque Amin, secrétaire général du NGWF (
National Garments Workers Federation - Fédération nationale des travailleurs de l’habillement du Bangladesh), l’un des syndicats représentant les travailleurs de
Spectrum. «La lutte menée au niveau local et soutenue par la dénonciation internationale de la situation injuste des victimes a poussé des entreprises s’approvisionnant auprès de
Spectrum à faire ce qu’il fallait. Nous poursuivrons notre démarche vis-à-vis de tous les clients pour qu’ils prennent leurs responsabilités vis-à-vis des travailleurs de
Spectrum aussi bien que de l’ensemble des travailleurs de l’habillement au Bangladesh qui, pour la plupart d’entre eux, continuent à produire dans des conditions dangereuses».
La campagne internationale
Clean Clothes (vêtements propres) ainsi que la plateforme française,
L’éthique sur l’étiquette, demandent à
Carrefour et aux autres sociétés qui ont jusqu’ici refusé de se joindre au fonds d’indemnisation, d’y apporter immédiatement leur contribution. Comme toutes les sociétés clientes de
Spectrum, ces entreprises ont tiré profit des bas salaires, de l’absence de couverture sociale dont souffraient les ouvriers de Spectrum, fermant les yeux sur les mauvaises conditions de travail. En contribuant au fonds d’indemnisation et en collaborant sur le terrain avec les ONG et les syndicats locaux impliqués dans cette initiative, ces entreprises ont l’occasion de montrer qu’elles prennent sérieusement en compte leurs responsabilités sociales.
Contact:
Fanny GALLOIS
Peuples Solidaires
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