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Le devoir de vigilance : un premier pas historique vers le respect des droits humains

Les député-e-s français-e-s ont adopté définitivement la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre. Ce texte marque une avancée historique vers le respect des droits humains et environnementaux par les entreprises multinationales. C’est à travers notamment l’action du collectif de l’éthique sur l’étiquette dont elle est membre que l’ALLDC a pris part à cette action de lobbying qui a permis, au bout de 4 années d’un parcours législatif de mettre un terme à l’impunité des multinationales.

Nos organisations appellent désormais les pays européens et la communauté internationale à s’inspirer de cette disposition et à développer des législations qui vont dans le même sens.
Il y a cinq ans, le candidat François Hollande déclarait vouloir « (…) que soient traduits dans la loi les principes de responsabilité des maisons-mères vis-à-vis des agissements de leurs filiales à l’étranger lorsqu’ils provoquent des dommages environnementaux et sanitaires. ». La loi «devoir de vigilance», l’une des dernières lois adoptée sous son quinquennat, répond à cette promesse.
En obligeant les grands groupes à publier un plan de vigilance et en prévoyant la possibilité de saisir un juge par les victimes ou par les personnes ayant un intérêt à agir, cette loi, soutenue par une très large majorité de citoyen-ne-s, permettra de mieux prévenir les risques qui pèsent sur les droits humains et environnementaux résultant de l’activité des entreprises multinationales.

Le texte aurait pourtant pu être plus ambitieux. Ainsi, une centaine de grands groupes seulement sont couverts par le texte. La charge de la preuve incombe toujours aux victimes, ne disposant souvent pas des moyens suffisants pour l’établir et accentuant encore l’asymétrie de pouvoirs entre ces grands groupes et les populations victimes. Il est aussi important de rappeler que, si un dommage survient alors que la société mère a bien mis en œuvre un plan de vigilance adéquat, sa responsabilité ne sera pas engagée : elle n’a pas à garantir le résultat mais seulement qu’elle a fait tout son possible pour éviter le dommage.

Le conseil constitutionnel est dès à présent saisi du texte par les opposants au devoir de vigilance. C’est à l’issue de ce nouvel examen que le texte pourra être publié.

C’est désormais aux niveaux européen et international que la construction de législations contraignantes doit se poursuivre. La France doit dorénavant porter cette loi au niveau européen  en s’impliquant dans les négociations internationales qui vont dans le même sens, tel que le projet de Traité onusien sur les multinationales et les droits humains, afin de garantir une mondialisation plus respectueuse des populations et de notre planète.

Le collectif éthique sur l’étiquette, créé en 1995, regroupe des associations de solidarité internationale, des collectivités locales, des syndicats, des mouvements de consommateurs et des associations d’éducation populaire. Éthique sur l’étiquette intervient particulièrement sur les conditions de fabrication des produits et de travail des personnes.

 Pour en savoir plus: ethique-sur-etiquette