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L’importance de la vaccination en question

Dès le 1er janvier 2018, onze vaccins seront obligatoires au lieu de trois selon le texte de loi voulu par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. Mais alors qu’un vent de contestations se lève, l’ALLDC souhaitait expliquer pourquoi la vaccination est importante.

Selon l’OMS, «un vaccin est une préparation administrée pour provoquer l’immunité contre une maladie en stimulant la production d’anticorps. On trouve dans les vaccins des organismes inactivés ou atténués ou des produits ou dérivés des micro-organismes». Il est spécifique d’une maladie. La finalité est la mise en place rapide de moyens de défense spécifiques qui freinent ou stoppent le développement de l’infection.

Le principe, empirique au départ, remonte au 18ème siècle et aux observations du docteur Edwar Jenner (1749-1823). Il constate que les garçons de ferme en contact régulier avec le virus de la variole bovine ne contractent pas la variole, il met en évidence la vaccine. Pasteur sera le premier à utiliser le terme de vaccin d’abord contre la maladie du charbon ensuite et surtout contre la rage (1885). Le 19ème siècle verra peu de progrès à l’inverse du 20ème siècle où les recherches permettent la mise au point de la quasi totalité des vaccins connus, le premier étant en 1921, le BCG.

Les pays européens ont le plus généralement opté pour la recommandation plutôt que l’obligation à l’exception de la France et de l’Italie. Cependant certains pays dont l’Allemagne refusent l’inscription dans les crèches ou les écoles maternelles d’enfants non vaccinés.

La France s’est dotée d’un arsenal juridique (Code Pénal et Code de la Santé Publique) et a rendu 3 vaccins obligatoires :

  • Diphtérie,
  • Tétanos,
  • Poliomyélite, le fameux DTP

et 8 recommandés :

  • Coqueluche,
  • Rougeole,
  • Oreillons,
  • Rubéole,
  • Hépatite B,
  • Bactérie Hémophilus influenzae,
  • Pneumocoque,
  • Méningocoque C.

Ce sont ces 8 vaccins qui deviendront obligatoires dès le 1er janvier 2018. A cause de cette distinction entre « obligatoires » et « recommandés » une sorte de hiérarchie s’est installée minimisant les risques de certaines maladies.

Les vaccins ont permis de sauver des milliers de vie. Certaines maladies ont été éradiquées, c’est le cas de la variole, la polio et la diphtérie en France. On se vaccine pour se protéger (Tétanos) mais aussi protéger les autres et lutter contre les épidémies.
L’objectif est d’obtenir un seuil d’immunisation de la population en dessous duquel une épidémie peut apparaître d’où la nécessité d’obtenir un taux global de vaccination. C’est un choix collectif. Il importe que la couverture vaccinale soit maximale afin de protéger l’ensemble de la population.

Pour cela, plusieurs raisons :

  • éviter pour soi-même une maladie;
  • certaines personnes ne peuvent être vaccinées (nouveau-nés, immunodéprimés), la couverture maximale globale doit être importante pour qu’elles soient protégées par effet de groupe.
  • une personne vaccinée peut être porteur sain, elle est une sorte de réservoir qui peut transmettre la maladie à ceux qui ne sont pas immunisés (coqueluche).

Pourquoi vacciner contre des maladies disparues en France?

Il existe une résurgence des maladies éradiquées si la couverture vaccinale est insuffisante. En moyenne, pour une bonne protection de la population, on a besoin d’une couverture vaccinale de 75%. Les voyages, les phénomènes migratoires mêlent d’avantage les populations qui doivent, de ce fait, penser la prévention et la santé au-delà des simples frontières et des législations nationales.

Les types de vaccins (classification simplifiée):

  • Les vaccins vivants atténués

Les virus ou bactéries contenus dans le vaccin sont entiers, vivants mais affaiblis (Polio, rougeole, rubéole, varicelle, oreillons, fièvre jaune, BCG, rotavirus responsable des gastroentérites des nouveaux nés et des jeunes enfants).

  • Les vaccins inactivés
    Ils contiennent des agents infectieux ou les toxines produites par la bactérie ou le virus (coqueluche, rage, polio). Ils sont généralement mieux tolérés mais ont un pouvoir immunogène moins important. Pour améliorer leur efficacité, on y ajoute des adjuvants, le plus connu et le plus controversé est l’hydroyde d’aluminium utilisé depuis les années 50 dans le vaccin contre la diphtérie.
  • Les vaccins recombinants
    C’est une recombinaison génétique (Hépatite B).

Les effets indésirables
Comme toute substance introduite dans le corps humain ( y compris les aliments), les vaccins peuvent être responsables d’effets indésirables. Ils dépendent du type de vaccin et ne se manifestent pas tous systématiquement. On observe des réactions locales au niveau de l’injection, des épisodes fébriles (pouvant aller parfois jusqu’à des convulsions), des éruptions cutanées, des douleurs articulaires. Ils dépendent de la susceptibilités individuelles et disparaissent généralement au bout de 2 à 3 jours. Des effets indésirables plus graves sont rares mais ne doivent pas être ignorés.

Les contre-indications vaccinale

  • en cas d’allergie à l’un des constituants : l’œuf pour la grippe ou la fièvre jaune
  • contre-indication transitoire : en cas de fièvre ou de maladie infectieuse
  • les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées pour les vaccins vivants atténués

Le cas particulier de l’hydoxyde d’Aluminium
C’est l’adjuvant qui suscite le plus de polémique et d’inquiétude Dès 1998, il a été avancé que ce sel d’aluminium, par effet cumulatif et migratoire pouvait être responsable de pathologies graves. L’aluminium est un élément fortement présent dans la vie quotidienne : conservateurs alimentaires, colorants, additifs, emballages… mais aussi en cosmétique dont les déodorants !
Il semblerait que sa toxicité soit liée à une exposition chronique donc à un usage régulier. Un vaccin contient en moyenne 0,5 mg d’aluminium alors qu’il a été calculé que l’apport quotidien serait de 3 à 5 mg. Cependant il y aurait un risque potentiel sur certains profils génétiques. Les études sont
nombreuses, l’intérêt économique est lié à l’intérêt de santé publique mais aucune conclusion n’est satisfaisante, les recherches se poursuivent une plus grande transparence est indispensable pour lever le doute.

Les opposants à la vaccination
De marginale l’opposition à la vaccination gagne du terrain. Les arguments sont simples :

  • Satisfaire le lobby pharmaceutique
  • Défense des libertés individuelles
  • Crainte des effets indésirables
  • Utilisation des sels d’Aluminium
  • La vaccination est contraire aux droits des patients

Les réponses et les avancées possibles

  • Justifier les ruptures d’approvisionnement qui éviterait tout conflit d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique
  • Une totale transparence sur l’aluminium
  • Accroître la recherche indépendante
  • La liberté individuelle ne doit pas faire oublier la responsabilité collective, la vaccination protège tout le monde et surtout les plus fragiles
  • Sans ignorer les accidents vaccinaux, faut-il faire pencher la balance vers le risque plutôt que le bénéfice ? oublier que la vaccination évite chaque année 2 à 3 millions de morts dans le monde ?
  • Accepter une indemnisation en cas d’accident vaccinal
  • Si le droit des patients permet à « toute personne de refuser ou de ne pas recevoir un traitement » (CSP L-1111-4), la vaccination n’est pas un traitement au sens propre mais une prévention qui doit éviter le traitement! De plus, l’article L3116-4 du même code précise que « le refus de se soumettre ou de soumettre ceux sur lesquels on exerce l’autorité parentale ou dont on assure la tutelle aux obligations de vaccination …(est) puni de 6 mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende».

Pour conclure, 52% de la population estiment que les vaccins apportent plus de bénéfices que de risques (6° observatoire sociétal du médicament) , ce n’est pas suffisant , il est indispensable qu’un véritable dialogue non culpabilisant et une pédagogie permettent de mieux convaincre et montrer que le gain est sans commune mesure par rapport à tous les risques réels ou supposés.