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Nanotechnologies : évaluer les risques pour mieux informer

Depuis maintenant plusieurs années, les nanotechnologies font l’objet d’un développement rapide et de grande ampleur. Elles représentent aujourd’hui un enjeu économique majeur pour les industriels et leurs manipulations n’est pas sans risque pour les consommateurs.  L’ALLDC s’intéresse à ces évolutions et souhaite faire des nanotechnologies un thème de travail prioritaire en 2017. 

Les travaux de normalisation à l’échelle nationale ou européenne ont pour objectif d’accompagner le développement des nanotechnologies, de tirer profit des avantages tout en limitant les risques pour l’homme et l’environnement. Ils s’attachent à définir une terminologie, des méthodes de mesure communes et à caractériser des bonnes pratiques de production, de conditionnement, de transport et de sécurité tout au long du cycle de vie des produits. Mais ces travaux sont longs, et les technologies progressent vite.

Les représentants de consommateurs ont évidemment toutes leurs places dans ces travaux. En effet, les nanotechnologies sont présentes dans tous les domaines de notre vie, elles sont pourtant invisibles aux yeux des consommateurs.

C’est donc par des actions d’information, de sensibilisation des consommateurs, et des décideurs publics que l’ALLDC souhaite agir pour une prise de conscience nécessaire du grand public sur les bénéfices potentiels que représentent les nanotechnologies et les nanomatériaux dans leur quotidien. C’est le cas, dans le domaine de la santé, de l’énergie, de la dépollution de l’air et de l’eau. Il existe aussi de véritables risques à consommer ces produits qui contiennent des nanotechnologies pour la santé et aussi pour l’environnement.

A ce jour, il est difficile de se prononcer en faveur ou contre les nanomatériaux, d’une part parce qu’il existe une grande diversité de nanomatériaux et de leurs usages, et d’autre part, parce que les outils nécessaires à l’évaluation des risques potentiels n’existent pas encore ou ne sont pas encore assez fiables.

Les nanomatériaux, du fait de leur taille, constituent une nouvelle catégorie de composants sur le plan toxicologique, capable d’interagir avec des systèmes biologiques d’une façon que nous ne connaissons aujourd’hui que partiellement.

Concrètement, les méthodes scientifiques actuelles sont-elles adaptées pour tester tous les nanomatériaux ? Il convient selon nous de mettre en place de nouvelles méthodes scientifiques pour évaluer les risques des nanomatériaux. En effet, les spécialistes considèrent que le référencement d’un nanomatériau devrait s’appuyer sur plusieurs paramètres qui caractérisent ses comportements propres, ses nouvelles propriétés, et ses effets biologiques : taille des particules, forme, état d’agglomération, agrégation, composition chimique, solubilité, chimie de surface, charge de surface. Cette caractérisation est essentielle car d’elle dépend la valeur des travaux de toxicologie, d’analyse du cycle de vie et de la traçabilité d’un nanomatériau. La caractérisation des nanoparticules est une étape cruciale, essentielle pour évaluer leurs actions et leur éventuelle toxicité.

Le rapport bénéfices sociaux et environnementaux/risques sociaux et environnementaux des nanomatériaux est donc posé en permanence. Très souvent, le risque n’est pas clairement identifié et évalué, les nanoparticules sont commercialisées à partir des bénéfices définis par les fabricants ou leurs distributeurs. De notre point de vue, de telles mises sur le marché semblent contredire le principe de précaution.

Le consommateur destinataire de ces produits contenant des nanotechnologies ou des nanomatériaux est en droit d’exiger une information pleine et entière sur ce qu’il achète. Mais, comment assurer l’effectivité de ce droit à l’information dans un contexte où l’incertitude scientifique demeure?

Cette information pourrait être imposée par exemple par voie d’étiquetage des produits, comme c’est le cas actuellement pour les produits cosmétiques, et les produits alimentaires. Rappelons cependant qu’il s’agit seulement de déclarer que le produit contient des nanoparticules sans donner de précision sur leurs caractéristiques.

Pour permettre au consommateur un choix véritablement éclairé des produits qu’il consomme, de leur caractère inoffensif pour sa santé, ou pour l’environnement, des progrès substantiels doivent être faits par les professionnels, contraints éventuellement par une réglementation européenne à la mise en place des méthodes, des outils et en bout de course, d’un étiquetage de tous les produits de consommation courante.