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TGV devient « In Oui » : une erreur commerciale?

La SNCF a décidé de changer à compter du mois de juillet  le nom de ses  TGV (trains à grande vitesse), par « InOui ». Un coup de com’ qui tombe à plat.

Depuis quelques années, la SNCF nous habitue  à utiliser le mot « Oui », lorsqu’elle met en place de nouveaux services de transports « bon marché », à savoir  les « OuiGo », pour les TGV low cost, qui partent de gares secondaires, aux  « OuiBus », qui sont les bus longues distances qui traversent la France entière à bas coût.

En revanche, il est étonnant que les TGV, produit haut de gamme de la SNCF, soient intitulés ainsi, alors même que la marque  TGV est de notoriété publique et est reconnue au-delà de nos frontières.

Avec « InOui », la SNCF prétend que les voyageurs connaîtront une nouvelle expérience de voyage avec un  objectif affiché de donner envie de voyager à grande vitesse à 15 millions de voyageurs supplémentaires d’ici 2020, et tout cela sans changer le prix des billets des TGV.

Mais pour accroître la fréquentation des trains à grande vitesse, dans un contexte déjà très concurrentiel, il faudra  séduire les usagers par des services à haute valeur ajoutée et surtout agir sur les prix.

A ce stade, on ignore encore la nature de ces services additionnels. Seront t’ils suffisants pour amortir le coût du changement de marque pour les 450 rames en circulation ? On sait déjà que la wifi sera accessible à tous à bord des trains, avec wagon bar et voitures confortables (ce qui était déjà le cas dans presque tous les trains à grande vitesse), mais pour les autres services nous ne disposons actuellement d’aucune information.

Certes les TGV subissent une forte concurrence avec le covoiturage, les cars, les avions lowcost, mais la société nationale n’est pas restée inactive dans ces secteurs. Les prises de participations, la création et le contrôle de sociétés ad hoc en témoigne (Blablacar, Ouibus etc..).  Connaissant  le lourd endettement de la SNCF (de près de 45 milliards d’euros en 2016 portée par SNCF réseau, ancien RFF), et le nombre de retards subis chaque jour par les usagers des  trains, la SNCF aurait pu décider d’affecter ces fonds à d’autres projets comme l’amélioration de l’exploitation des voies et du matériel. Cette orientation stratégique risque à terme de lui coûter cher, d’autant que le principal attrait des TGV, pour ses usagers, demeure d’arriver le plus vite possible à destination!