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Un conseil national de l’alimentation réformé

Mis en sommeil depuis un an par suite des procédures de renouvellement de mandat, le Conseil National de l’Alimentation (CNA) est relancé et renforcé, par l’élargissement de la place de la société civile dans sa composition avec de nouveaux membres dont des associations de l’aide alimentaire, de la protection de l’environnement et des usagers des systèmes de santé, et par l’extension de ses missions. Neuf associations de consommateurs y siègent. L’ALLDC entend prendre toute sa place dans ce « Parlement de l’alimentation ».

Le modèle alimentaire français est notre bien collectif. La politique de l’alimentation doit préserver ce modèle alimentaire, en répondant à plusieurs objectifs : la qualité de l’alimentation, l’éducation des jeunes à l’alimentation, la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’ancrage territorial.
Le CNA est une instance unique qui regroupe tous les acteurs de la filière alimentaire, réunis pour trouver des positions et des propositions communes sur les sujets liés à l’alimentation. C’est la richesse du CNA : mettre autour de la table les parties prenantes de la chaîne alimentaire, débattre, rendre des avis et éclairer les décideurs français et européens.

Les précédents mandats étaient présidés par le Dr. Bernard Vallat , ancien Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale. Aujourd’hui c’est M. Guillaume Garot, député de la Mayenne, ministre délégué à l’agroalimentaire de 2012 à 2014, très impliqué dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui assure la présidence du CNA.

Ainsi, le CNA sera appelé à débattre d’Alimentation et santé, d’information du consommateur et de lutte contre le gaspillage alimentaire ; trois enjeux majeurs pour la filière alimentaire, ne serait-ce que pour renforcer le lien de confiance entre les Français et leur alimentation, après les crises (vache folle, lasagnes à la viande de cheval …) qui ont émaillé l’actualité depuis 15 ans. C’est la force du CNA de rassembler tous les acteurs concernés pour proposer des réponses partagées.

Les sujets débattus portent sur :

● l’adaptation de la consommation aux besoins nutritionnels;
● la sécurité alimentaire des consommateurs ;
● la qualité des denrées alimentaires;
● l’information des consommateurs de ces denrées ;
● la prévention des crises et à la communication sur les risques.

Dans ce contexte, la présence des consommateurs est vertueuse mais il est primordial de présenter une analyse et surtout des positions unifiées face aux grands acteurs, paysans, industriels, distributeurs, fournisseurs de notre alimentation. Bien qu’étant en bout de chaîne et unique financeur (par l’achat et par l’impôt), les consommateurs et les organisations consuméristes n’ont qu’un poids relatif face aux géants de l’agroalimentaire. Et pourtant nos choix collectifs et plus particulièrement ceux qui ont des répercussions économiques pour lesquels les grands groupes sont sensibles peuvent faire évoluer la politique de nos fournisseurs. Prenons quelques exemples :

– Le Bio: Bien que jugé marginal, ce type de production agricole, sans pesticide, sans produit chimique est très demandé par le consommateur soucieux de sa santé. Boudées par certains syndicats agricoles, ces pratiques évoluent devant les exigences du marché. Déficitaire dans la balance commerciale, le Bio français regagne du terrain. En 2015, il représente 5.5 milliards d’euros (source agence bio).
-Les circuits courts: Connaitre d’où provient ce que nous mangeons, comment est-ce élaboré et par qui, sont des préoccupations de plus en plus observées chez les consommateurs et rejoignent les intérêts des petits producteurs.
-Le bien-être animal: Après avoir visionné les abattoirs et leurs méthodes pas toujours respectueuses des animaux, une baisse de la consommation carnée s’en est suivie. Là aussi, les choix du consommateur ont fait évoluer la production. On pourrait aussi parler des œufs. Il y a quelques temps les producteurs se plaignaient d’une Europe leur imposant une nouvelle norme sur la taille des espaces laissés aux poules élevées en cage. La mise en conformité suppose donc des investissements et un recours aux subventions. Aujourd’hui le consommateur refuse les cages A4 pour ces pauvres poules esclaves et préfère les œufs de plein air. Le changement de politique sera rapide car on prévoit qu’il n’y aura plus de cage dans les 3 ans qui viennent.

Au CNA nous rencontrons les responsables de ces politiques et choix alimentaires. S’il est souhaitable d’arriver par des compromis et une unanimité sur des avis concernant l’alimentation des français, il n’en reste pas moins qu’il faut demeurer vigilant et exigeant envers ceux qui produisent et distribuent les éléments de notre alimentation quotidienne. Notre pouvoir d’achat et notre santé en dépendent.

 

Le CNA est composé de 55 membres répartis en 8 collèges:

● Associations de consommateurs ou d’usagers ;
● Société civile ;
● Producteurs agricoles ;
● Transformateurs et artisans ;
● Distributeurs ;
● Restaurateurs ;
● Syndicats des salariés de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la distribution ;
● Personnalités qualifiées.

 

Pour aller plus loin: http://www.cna-alimentation.fr/