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L’après Covid: un monde nouveau?

L’année 2020, et la crise sanitaire mondiale qui l’a accompagnée marquent un tournant dans nos modes de vie : la manière de se déplacer, d’acheter, de se divertir et de travailler. Ces transformations sociétales ne sont pas sans conséquences sur l’économie. En tant qu’association de consommateurs, nos représentants sont aussi des observateurs des pratiques, des attentes des citoyens, et de la manière dont le marché y répond. L’un d’eux, spécialiste des transports nous livre son analyse sur le monde d’après et ses conséquences notamment pour le vivre ensemble.

« Beaucoup disent qu’il y aura un après COVID différent des temps qui l’ont précédé. Cette expérience collective et universelle a fait apparaître de nouvelles conditions de travail et des modes nouveaux de consommation qui vont certainement se prolonger et modifier notre quotidien » .

L’exemple des transports est particulièrement significatif. Craignant la contamination par contact avec les autres usagers, la plupart des transports collectifs ont été écartés par les usagers au profit de solutions individuelles : vélos, voitures, trottinettes,… ou bien leur fréquentation a largement baissé. Le ferroviaire du quotidien a répondu aux besoins du monde du travail mais sans connaître l’affluence habituelle. Les grandes lignes ont perdu le public «loisirs» confiné et les manifestations professionnelles se sont raréfiées. L’explosion du télétravail et l’utilisation de la visio-conférence ont réduit les déplacements et les frais d‘hôtellerie. Il est à craindre pour ces secteurs d’activité que ces pratiques générant de substantielles économies pour les entreprises se poursuivent dans l’avenir. Au-delà des transports il y a aussi les branches de la restauration, de l’hôtellerie et de l’événementiel qui risquent de subir les conséquences de cette sédentarisation des activités de communication professionnelle. De nombreux emplois seront alors en péril.

Si une réduction des transports aériens était souhaitée du point de vue de la protection de  l’environnement, un arrêt brutal et massif d’exploitation entraîne aujourd’hui dans sa chute tout un bassin d’emplois industriels et de services. La reprise sera lente et profitera certainement d’une prise de conscience individuelle sur nos modes de déplacement futurs.
On peut déjà constater que le covoiturage de loisirs est touché par les restrictions de circulation et que les «bus Macron»  ne circulent plus.

Il nous semble qu’une grande réflexion sociétale autour du transport et des industries connexes devrait rapidement avoir lieu pour préparer l’avenir. Le moment est venu d’agir, de laisser de côté le système de consommer toujours plus de combustibles fossiles et de polluer sans limite.
Pour changer de modèle, faut-il laisser de côté ces professions qui refusent de se remettre en cause? Faut-il utiliser massivement des moyens techniques de communication entre salariés, quitte à déshumaniser les relations de travail?
Faut-il opter pour le commerce en ligne sans se préoccuper du sort du commerce de proximité? Nous ne le pensons pas.

Toutes ces idées nous viennent après ces mois de crise pandémique, d’inquiétudes face à la crise économique qui arrive et nous appellent à repenser notre consommation, à trouver les bons équilibres et le modèle de société que nous voulons pour demain» (*).

L’association se tient prête à agir en faveur de ce nouveau modèle qui placera l’humain, le citoyen, le consommateur, l’environnement au cœur de la société de demain.

(*) Gérard Schrepfer, administrateur de l’ALLDC, chargé de mission transport