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Tarif réglementé de l’électricité: une hausse contestée par l’autorité de la concurrence!

La Commission de Régulation de l’Energie, la CRE, avait proposé au gouvernement en janvier dernier, une augmentation du tarif réglementé de l’électricité à hauteur de 5,9%, hausse contestée par l’Autorité de la Concurrence.

Huit foyers sur dix, soit 25 millions de foyers, sont abonnés au tarif bleu qui désigne l’offre aux tarifs réglementés de vente d’EDF. Cela signifie que ce n’est pas EDF qui décide des prix de son tarif bleu, mais les pouvoirs publics.

L’une des missions de la commission de régulation de l’énergie est d’ajuster ce tarif, en tenant compte de divers critères, dont l’évolution des prix sur le marché de gros de l’électricité. Le régulateur de l’énergie a aussi pour mission de renforcer la concurrence entre les fournisseurs d’électricité. Et, force est de constater qu’aujourd’hui, les consommateurs français sont loin d’être volages dans le choix de leur fournisseur d’énergie, notamment si on compare ce marché avec par exemple celui de l’internet ou de la téléphonie mobile.
Cette augmentation de tarif proposée par la CRE de 5,9% se justifie-t-elle réellement? Pas vraiment, si l’on se réfère à l’argumentaire développé par l’Autorité de la Concurrence, pour qui 40% de l’augmentation des tarifs «ne correspond pas à une augmentation des coûts de fourniture d’EDF mais ont pour but de permettre aux concurrents d’EDF de proposer des prix égaux ou inférieurs aux tarifs réglementés de vente».
Autre argument soulevé par l’Autorité de la concurrence, l’augmentation du tarif bleu d’EDF aurait pour but de pallier les limites du dispositif d’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (ARENH) qui formalise le droit pour les fournisseurs alternatifs d’acheter des volumes d’électricité produit par les centrales nucléaires d’EDF (100 TWh par an) à un prix régulé (42 euros le MWh).

Or, depuis deux ans, le marché mondial de gros de l’électricité pratique des prix supérieurs à celui de l’ARENH, ce qui réduit significativement les marges de manœuvres des concurrents d’EDF.
Ainsi, pour favoriser la concurrence entre les fournisseurs d’énergie, on demande aux consommateurs de payer la note! Espérons que l’avis rendu par l’Autorité de la Concurrence soit entendu par le Ministre de Transition Écologique et l’augmentation envisagée révisée.
En effet, la libre concurrence doit certes élargir l’éventail de choix du consommateur, mais doit surtout avoir pour effet de réduire les prix, et non l’inverse!

 

Communiqué de presse de l’autorité de la Concurrence du 25 mars 2019 : les tarifs de l’électricité