Le cyberharcèlement est le fait de subir, par l’intermédiaire d’un service de communication en ligne (réseaux sociaux, messageries, forums, jeux en ligne, …), des propos ou comportements répétés ayant pour effet de dégrader les conditions de vie de la victime et d’altérer sa santé physique ou mentale.
Il peut prendre des formes très diverses : messages insultants, moqueries, humiliations, menaces, diffusion de rumeurs ou de fausses informations, propos discriminatoires, partage de photographies, vidéos ou données personnelles sans autorisation, piratage de comptes ou encore usurpation d’identité.
Selon la nature des agissements et les circonstances dans lesquelles ils se déroulent, ces comportements peuvent relever de différentes formes de harcèlement. Ces situations peuvent également se cumuler. Il peut s’agir :
- De harcèlement moral : il vise à intimider, humilier ou déstabiliser la victime par des propos ou comportements répétés, tels que des insultes, des moqueries ou des menaces, pouvant entrainer une dégradation des conditions de vie de la victime (détérioration de la santé physique ou mentale).
- De harcèlement scolaire : il concerne les situations dans lesquelles un élève est victime, de manière répétée, de brimades, d’humiliations de rumeurs ou de coups provenant d’un ou plusieurs autres élève(s) ou de membres de la communauté éducative.
- De harcèlement sexuel ou sexiste : il se manifeste notamment par l’envoi ou la diffusion de messages, photographies, vidéos ou montages à caractère sexuel ou sexiste, de manière répétée, sans le consentement de la victime.
Le cyberharcèlement peut être commis par une seule personne agissant de manière répétée, mais également par plusieurs personnes participant collectivement aux faits, même si chacune d’entre elles n’a pas nécessairement publié de nombreux messages.
Si vous êtes victime de cyberharcèlement, voici les réflexes à adopter
1) Conservez les preuves
- Réalisez des captures d’écran des messages, commentaires ou publications ;
- Veillez à ce que la date, l’heure et le nom (ou pseudonyme) de l’auteur apparaissent ;
- Conservez les échanges et les liens vers les contenus.
2) Ne répondez pas aux provocations
- Il est fortement déconseillé de répondre aux provocations. Répondre peut alimenter le harcèlement et accroître la visibilité des publications.
3) Bloquez et signalez
- Bloquez les comptes concernés ;
- Signalez les contenus directement sur la plateforme afin d’en demander obtenir le retrait.
4) Parlez-en
- Ne restez pas seul, vous pouvez en informer un proche, un parent, un enseignant ou toute personne de confiance et n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.
- Vous pouvez également vous rapprochez d’associations spécialisées afin d’être écouté, accompagné et orienté dans vos démarches.
Qui contacter ?
- Le 3018 est un numéro gratuit et confidentiel d’aide aux victimes de violences numériques. Les équipes accompagnent les victimes dans leurs démarches et peuvent intervenir auprès des plateformes pour demander le retrait rapide des contenus ;
- PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) est la plateforme officielle permettant de signaler les contenus manifestement illicites aux autorités.
Si vous êtes témoin de cyberharcèlement
Les témoins jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les violences numériques :
- Ne relayez pas les contenus humiliants ou violents : partager, commenter ou diffuser une publication peut contribuer à amplifier le harcèlement ;
- Signalez les contenus et les comptes concernés auprès de la plateforme ;
- Conservez les preuves afin de faciliter les démarches de la victime.
Quels recours ?
Le cyberharcèlement est une infraction pénale (article 222-33-2-2 du Code pénal). Vous pouvez déposer plainte auprès d’un commissariat de police ou de gendarmerie, en présentant les éléments de preuve.
Les auteurs encourent des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, voire trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsque la victime est mineure.
Après votre dépôt de plainte, n’hésitez pas à contacter une association d’aide aux victimes afin d’être accompagné tout au long de la procédure.

