Le 27 janvier dernier s’est tenue la conférence de presse de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), au cours de laquelle ont été présentés les principaux chiffres de la fraude pour l’année 2025. Zoom sur ces observations.
Pour rappel, l’OSMP, créé en 2016 par la loi Loi Sapin 2, est une instance de concertation administrée par la Banque de France chargée de promouvoir le dialogue et les échanges d’informations entre les acteurs concernés par la sécurité et le bon fonctionnement des moyens de paiement scripturaux en France. Notre association en est membre titulaire et participe activement à ses travaux.
Selon l’OSMP, l’année 2025 se caractérise par une hausse de 5% de l’usage des moyens de paiement scripturaux par rapport à 2024, ainsi qu’une progression soutenue des virements (+ 70%). Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une augmentation de 7% des montants fraudés, qui atteignent 618 millions d’euros, contre 585 millions en 2024.
Deux tendances majeures ressortent en 2025 : d’une part, une maîtrise globale du taux de fraude sur l’ensemble des moyens de paiement ; d’autre part, une augmentation marquée des fraudes par manipulation (+ 37%), qui rappelle l’importance des différentes campagnes d’information et les actions de prévention menées auprès des clients pour les sensibiliser sur les différentes formes de manipulation existantes (fraude aux faux conseillers , les campagnes de hameçonnage via les SMS ou courriels frauduleux ou encore la fraude publicitaire en ligne vous redirigeant vers des sites frauduleux etc…).
Malgré ces évolutions, l’OSMP se montre encourageant et souligne que les taux de fraude demeurent globalement maîtrisés. La fraude à la carte bancaire recule nettement (- 9,8%, soit 211 millions d’euros), avec un taux qui atteint un niveau historiquement bas : 0,048%, contre 0,053% en 2024. Cette baisse s’explique notamment par le recul observé sur les paiements en ligne ainsi que sur les paiements par carte initiés par courrier ou par téléphone.
Selon l’Observatoire, ces résultats sont le fruit du plan d’action engagé en juin 2024 afin de renforcer la sécurité des paiements par carte à distance ne recourant pas à une authentification de la carte bancaire au protocole 3-D Secure. Ce plan se poursuivra en 2026.
Par ailleurs, la fraude au chèque diminue également de 16%, témoignant de l’efficacité accrue des dispositifs bancaires de détection des encaissements frauduleux. En revanche, l’Observatoire relève des points de vigilance, notamment une hausse de la fraude au prélèvement ainsi qu’aux effets de commerce (lettres de change et billets à ordre), même si leurs taux demeurent marginaux au regard du montant total de la fraude.
S’agissant plus spécifiquement de la fraude au prélèvement, l’Observatoire souligne l’importance des mesures de prévention engagées par les acteurs du secteur bancaire. Il espère notamment que les deux dispositifs mis en place par les banques membres de la Fédération bancaire française porteront leurs fruits. Ainsi, depuis octobre 2025, les banques sont tenues de vérifier le bénéficiaire du virement en contrôlant la cohérence entre l’IBAN et l’identité du titulaire du compte. D’autre part, le fichier FNC-RF recensant les IBAN signalés pour risque de fraude est attendu pour mai 2026.
L’efficacité de ces dispositifs devra toutefois être appréciée au regard d’un contexte marqué par la multiplication récente des fuites de données, qui peuvent alimenter les tentatives de fraude, à l’image de l’incident ayant concerné le fichier FICOBA (1)
Pour aller plus loin : voir notre article fuite des données FICOBA, comment réagir ? .
Ces évolutions confirment que, si les dispositifs techniques progressent et produisent des résultats tangibles, la prévention et la sensibilisation des usagers demeurent essentielles dans la lutte contre la fraude.

