Fraude bancaire, usurpations d’identité, arnaques aux sentiments, investissements en cryptomonnaie… Ces escroqueries figurent aujourd’hui parmi les motifs de saisine les plus fréquents de notre association. Loin de reposer uniquement sur des procédés techniques sophistiqués, elles s’appuient avant tout sur la manipulation psychologique. Quels sont les ressorts de ces mécanismes d’influence ? Comment les identifier et s’en protéger ? Décryptage.
La manipulation est au cœur des arnaques en ligne parce qu’il est souvent plus facile de tromper une personne que de contourner les systèmes de sécurité informatique. En jouant sur nos émotions, notre confiance, l’urgence ou la peur, les escrocs parviennent à nous pousser à agir contre nos propres intérêts. La méthode utilisée est souvent la même : attirer l’attention d’une potentielle cible, instaurer un climat de confiance, puis inciter la victime à communiquer des informations personnelles et/ou verser de l’argent.
Parmi les arnaques les plus répandues figurent les faux investissements en cryptomonnaies. Les fraudeurs diffusent des contenus proposant des investissements à rendements élevés et mettent en scène des faux de témoignages ou des prétendus experts en finance afin de convaincre leurs victimes d’investir au départ des modiques sommes, puis des sommes plus importantes, jusqu’à disparaitre avec les fonds.
Les arnaques sentimentales suivent une logique similaire. Les escrocs, communément appelés « brouteurs » créent de faux profils sur les réseaux sociaux et nouent une relation affective avec leurs victimes en se montrant à l’écoute, attentionnés, avant de solliciter de l’argent sous divers prétextes : urgence médicale, difficulté financière, problème familial, … L’affaire du faux « Brad Pitt » a d’ailleurs parfaitement illustré ce phénomène avec près d’1 million d’euros détourné par le brouteur.
Les réseaux sociaux sont également utilisés pour diffuser de fausses annonces de vente ou de faux appels aux dons. Promotions exceptionnelles, stocks limités ou prétendues causes humanitaires (guerre, catastrophe naturelle, maladie, …) servent à pousser les internautes à agir rapidement sans procéder aux vérifications nécessaires. Dans un cas, passer commande sans garantie de recevoir le produit ou de récupérer les sommes versées, et dans l’autre cas, faire un don sans s’assurer de l’identité de la personne à l’origine de la cagnotte, ni de la véracité de la catastrophe.
Enfin, les informations publiées peuvent être exploitées par des cybercriminels en vue d’usurper une identité. L’ensemble des informations accessibles sur les réseaux sociaux (nom, date de naissance, lieu de résidence, profession, …) permettent de construire un profil détaillé de la victime facilitant l’élaboration d’opérations (ouverture de compte, souscription de crédits, …).
En clair, plus les internautes diffusent des informations personnelles, plus les escrocs disposent de matière pour élaborer des escroqueries ciblées et crédibles. Ces arnaques s’appuient avant tout sur des mécanismes psychologiques (promesse d’enrichissement, recherche d’amour, volonté de faire de bonnes affaires, cause humanitaire).
Face à ces risques, certains réflexes peuvent limiter les dangers [1] : limiter les informations visibles publiquement, vérifier l’identité de son interlocuteur, se méfier des promesses trop attractives, vérifier la fiabilité du produit et/ou service avant d’acheter, prendre le temps de la réflexion avant tout transmission d’informations ou paiement, ne jamais communiquer d’informations personnelles avant vérification préalable de l’identité de son interlocuteur.
La prudence demeure donc la meilleure protection contre des arnaques qui peuvent entraîner, au-delà des pertes financières, des conséquences psychologiques importantes (sentiment de trahison, honte, perte de confiance en soi ou encore isolement social).
[1] Guide Task-Force

