Le 28 mai dernier, la Commission européenne a infligé une amende de 200 millions d’euros à la plateforme Temu, géant chinois du commerce en ligne à bas prix. Quelques jours plus tard, le 3 juin 2026, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a sanctionné Shein à hauteur de 22 millions d’euros. Ces décisions, prises dans le cadre du Digital Services Act et du code de la consommation, illustrent un renforcement des contrôles visant les grandes plateformes numériques. Retour sur ces sanctions inédites.

Avec près de 260 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne, Shein et Temu se sont imposées ces dernières années comme des acteurs majeurs du commerce en ligne, notamment en raison de la diversité de leurs offres et l’attractivité de leurs prix, bien inférieurs à leurs concurrents européens.

Mais cette popularité grandissante s’accompagne de préoccupations en matière de transparence, de respect des droits des consommateurs mais aussi de sécurité des produits.

Face à ces enjeux, les autorités européennes et françaises ont multiplié leurs contrôles afin de s’assurer que ces acteurs du e-commerce chinois respectent les règles en vigueur au sein de l’Union européenne.

C’est ainsi qu’en octobre 2024, la Commission européenne a ouvert une enquête sur Temu. Dans ce cadre, des agents ont réalisé des achats anonymes, qui ont mis en évidence plusieurs défaillances : la mise en circulation de produits électriques ne respectant pas les normes de sécurité européennes ainsi que la vente de jouets susceptibles de présenter des risques pour les bébés et enfants (suffocation, teneurs en substances chimiques nocives au-delà des seuils autorisés, …).

A travers cette enquête, la Commission européenne juge que Temu « a échoué à identifier, analyser et évaluer avec diligence les risques systémiques liés à la vente » de produits illégaux ou dangereux. Elle lui reproche également de ne pas avoir suffisamment pris en compte le rôle de ses algorithmes dans la diffusion de ces produits dangereux.

C’est dans ce contexte qu’une sanction financière de 200 millions d’euros a été prononcée à l’encontre de Temu pour non-respect des obligations prévues par le Digital Service Act, règlement européen destiné à mieux encadrer les services numériques.

De son côté, la DGCCRF a mené, en 2025, une enquête sur Shein. Cette enquête a permis d’établir plusieurs manquements de l’entreprise, notamment :

  • Une atteinte au droit de rétractation : une absence d’information sur l’exercice de ce droit, son délai et ses modalités (formulaire de rétractation, courrier recommandé avec accusé de réception, …) 
  • Un défaut d’information lors de la commande : une absence de mentions relatives au prix, à la date ou au délai de livraison, à l’identité du vendeur ou encore aux garanties légales 
  • Un défaut de transparence environnementale : une absence d’informations relatives à la traçabilité des produits et à la présence de microfibres plastiques dans les vêtements

Ces manquements ont conduit la DGCCRF à infliger une amende de 22 millions d’euros à la plateforme Shein.

Au-delà des cas de Temu et de Shein, ces sanctions s’inscrivent dans une volonté des autorités européennes et françaises d’assurer une information claire et loyale des consommateurs, de garantir la sécurité des produits vendus en ligne et de rétablir une concurrence équitable entre les différents acteurs du marché européen. En d’autres termes, les plateformes internationales doivent respecter les mêmes règles que les vendeurs établis dans l’Union européenne.

Face à ces constats alarmants, quelques réflexes simples peuvent limiter les risques : vérifier l’identité du vendeur, lire les conditions générales de la plateforme, se méfier des prix anormalement bas ou encore vérifier la conformité des produits à la réglementation européenne (origine, marquage CE, …).

En cas de problème, n’hésitez pas à vous rapprocher d’une une association de consommateurs.